MONARCHIE ABSOLUE (XVIIème-XVIIIème siècles)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes
Chroniques de France
L’Ancien Régime se distingue par une longue durée et une forte continuité institutionnelle sur près de dix siècles. Malgré des évolutions, ses traits fondamentaux demeurent largement stables.
I. Le pouvoir
royal
A. Le principe
d’hérédité
- L’hérédité monarchique s’impose
progressivement : acquise au XIIIᵉ siècle mais après des siècles de
tensions entre élection et succession dynastique .
- Chez les Francs : élection par l’assemblée
des guerriers au sein de la famille mérovingienne .
- Les Mérovingiens imposent ensuite une
succession héréditaire « à la romaine » .
- Retour de l’élection avec Pépin le Bref et
plusieurs rois carolingiens .
- L’avènement d’Hugues Capet (987) marque le retour
durable à l’hérédité, consolidé par la pratique de faire sacrer le
fils du vivant du roi .
B. Le
caractère absolu du pouvoir
1. Évolution
vers l’absolutisme
- Le roi capétien renforce progressivement son
autorité en utilisant les mécanismes féodaux : suzerain suprême, contrôle
des justices, édits royaux, armée et finances centralisées .
- La redécouverte du droit romain au XIVᵉ
siècle fournit une théorie juridique de la souveraineté au profit
du roi .
- Le peuple lui-même soutient cette montée en
puissance pour échapper aux seigneurs locaux .
2. Théorie de
l’absolutisme
- Deux principes : (1) le roi possède
tous les pouvoirs ; (2) il ne connaît théoriquement aucune limite
dans leur exercice .
- Le roi est source unique de la loi
(Louis XV, 1766) : « C’est en ma personne que réside l’autorité souveraine
» .
- Le prince est « affranchi des lois » selon
la maxime romaine princeps legibus solutus est .
3. Limites
pratiques
- Le pouvoir judiciaire reste en partie
indépendant .
- Le pouvoir royal est limité par :
- les Lois fondamentales du
royaume (loi salique, catholicité du roi, inaliénabilité du domaine)
;
- les corps intermédiaires
: noblesse, clergé, provinces, villes, corporations .
II. Les institutions pseudo-représentatives
A. Les États
généraux
- Héritiers de la Curia regis, réunis
pour la première fois en 1302 .
- Rôle essentiellement consultatif .
- Pouvoir décisionnel seulement dans trois cas
: – vacance du trône ; – modification des Lois fondamentales ; –
consentement à l’impôt.
B. Les
parlements
- Tribunaux supérieurs héritant des
attributions judiciaires du roi .
- Ils revendiquent un rôle politique via le droit
d’enregistrement des édits royaux (condition de promulgation) .
III. La société d’Ancien Régime
- Société d’ordres jusqu’en 1789 : clergé, noblesse, tiers état, chacun doté d’un statut juridique propre .
La monarchie absolue française
résulte d’une longue construction historique :
- l’hérédité s’impose progressivement après
des siècles d’alternance avec l’élection ;
- l’absolutisme se développe grâce à la
centralisation capétienne, au droit romain et au soutien populaire ;
- en théorie, le roi concentre tous les
pouvoirs, mais en pratique son autorité est tempérée par les Lois
fondamentales, les corps intermédiaires et certaines autonomies locales ;
- les institutions représentatives existent
mais restent faibles et discontinues, ce qui limite l’adaptation du
régime.
PRECEDENT
SUIVANT