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SECOND EMPIRE (2.12.1852 au 4.9.1870)

Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

Le Second Empire apparaît comme un régime autoritaire modernisateur, fondé sur le plébiscite et la centralisation, mais évoluant progressivement vers un proto‑parlementarisme avant de s’effondrer brutalement en 1870. Il laisse un héritage institutionnel et économique important, notamment dans la modernisation administrative, industrielle et sociale de la France.

Le coup d’État du 2 décembre 1851 dissout l’Assemblée, rétablit le suffrage universel et prépare une nouvelle constitution. Le plébiscite du 20 décembre 1851 approuve massivement la délégation du pouvoir constituant (7,4 M de « oui »).  La Constitution du 14 janvier 1852 s’inspire du Consulat (an VIII) et établit un régime autoritaire/césariste centré sur le chef de l’État.

Le Président (puis Empereur) détient un mandat de 10 ans, n’est responsable que devant le peuple, et concentre l’essentiel du pouvoir exécutif .

Trois assemblées :

o   Conseil d’État (nommé, rédige les lois)

o   Sénat (inamovible, gardien de la Constitution)

o   Corps législatif (élu mais sans initiative législative)

Le Sénat reçoit un rôle constitutionnel majeur, distinct de l’ancienne Chambre des pairs .

Le sénatus-consulte du 7 novembre 1852 propose le rétablissement de l’Empire, approuvé par plébiscite ; Napoléon III est proclamé le 2 décembre 1852. Le régime se veut garant de l’ordre et de la propriété, assumant une méfiance envers la liberté politique (« la liberté couronne l’édifice, elle ne le fonde pas »). Jusqu’en 1860, le régime est autoritaire, avec censure et contrôle des élections .

Sous pression de l’opposition républicaine, du contexte international et de l’industrialisation, le régime s’ouvre progressivement :

  • 1860 : rétablissement du vote de l’Adresse
  • 1861 : publication intégrale des débats, vote du budget par chapitres
  • 1866 : allongement des sessions
  • 1868 : liberté de la presse et liberté de réunion assouplies
  • 1869 : partage de l’initiative législative entre Empereur et Corps législatif
  • 1870 : sénatus-consulte du 20 avril → quasi‑régime parlementaire, mais ministres toujours révocables par l’Empereur

Bilan législatif : modernisation économique et sociale

Réformes majeures du droit commercial : Magasins généraux et warrants (1858) ; Apparition du chèque (1865) ; Loi de 1867 sur les sociétés anonymes, fondatrice du capitalisme moderne

Social : Loi de 1864 : droit de grève (sans violence) ; 1868 : abrogation de l’article 1781 du Code civil, réduisant l’inégalité patron‑ouvrier

Enseignement :Grandes académies (1854) ; Enseignement secondaire spécial (1865) :; Développement de la gratuité scolaire et obligation d’école de filles (1867)

Bilan institutionnel : un régime autoritaire en transition

Le Président/Empereur nomme seul ministres, Conseil d’État et sénateurs, contrôle l’initiative législative et la promulgation des lois . Le Corps législatif reste longtemps une chambre d’enregistrement (sessions courtes, publicité interdite). Le plébiscite est utilisé comme outil de légitimation directe, contournant les assemblées. Après 1860, montée de l’opposition républicaine et affaiblissement du soutien impérial.

 Chute du régime

Les élections de 1869 montrent la progression républicaine (3 M de voix contre 665 000 en 1857). Malgré le plébiscite favorable de mai 1870, la défaite de Sedan (2 septembre 1870) entraîne la capture de Napoléon III et l’effondrement du régime. Une guerre précipite donc à nouveau un changement constitutionnel.


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