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TROISIEME REPUBLIQUE (4.9.1870 au 28.6.1940)


Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

La Troisième République naît dans l’urgence, le 4 septembre 1870, après la défaite de Sedan et la chute du Second Empire. Un gouvernement provisoire, dominé par les républicains parisiens, proclame la République mais ne dispose ni de légitimité constitutionnelle ni de capacité à conclure la paix avec la Prusse. L’armistice de janvier 1871 conduit à l’élection d’une Assemblée nationale majoritairement monarchiste, qui confie le pouvoir exécutif à Adolphe Thiers. La signature de la paix et la perte de l’Alsace-Lorraine provoquent l’explosion de la Commune de Paris, écrasée lors de la Semaine sanglante en mai 1871.

Entre 1871 et 1875, la République demeure provisoire. Plusieurs lois constitutionnelles (Rivet, Tréveneuc, Broglie) cherchent à encadrer l’exécutif et à préparer un éventuel retour à la monarchie, notamment sous Mac-Mahon, élu en 1873 pour un septennat pensé comme une transition vers la restauration royale. Mais l’échec du comte de Chambord, refusant le drapeau tricolore, rend impossible la restauration monarchique.

Les lois constitutionnelles de 1875 instaurent un régime parlementaire bicaméral, avec un président doté de pouvoirs théoriques importants mais dépendant du contreseing ministériel, et un Sénat conçu comme un contrepoids conservateur à la Chambre élue au suffrage universel masculin.

La crise du 16 mai 1877, opposant Mac-Mahon à la majorité républicaine, se conclut par la victoire parlementaire et l’élection de Jules Grévy, qui inaugure une pratique institutionnelle effaçant le président au profit des Chambres — la « Constitution Grévy ». S’ouvre alors une longue période d’instabilité ministérielle mais aussi d’enracinement républicain.

Les années 1880-1890 voient l’affirmation des républicains opportunistes (Ferry, Gambetta) et la mise en place des grandes lois libérales : liberté de réunion (1881), liberté de la presse (1881), liberté syndicale (1884), école gratuite, laïque et obligatoire (1881-1882), séparation des Églises et de l’État (1905). La République affronte aussi des crises majeures : le boulangisme, qui menace un temps les institutions, puis l’affaire Dreyfus, révélatrice d’un profond clivage national et d’un antisémitisme virulent, mais qui se conclut par la réhabilitation du capitaine en 1906.

De 1898 à 1914, la République radicale domine, marquée par l’anticléricalisme, la loi de 1905 et une forte instabilité gouvernementale. La Première Guerre mondiale impose l’Union sacrée et renforce le rôle du Parlement dans le contrôle de l’effort de guerre, malgré l’état de siège et la censure. Sous Clemenceau, la France mène la guerre jusqu’à la victoire de 1918, au prix d’immenses pertes humaines et financières.

L’après-guerre est marqué par la « chambre bleu horizon » (1919), la montée des tensions sociales, la scission socialiste de 1920 et les difficultés économiques. Les années 1920-1930 alternent entre gouvernements de droite, Cartel des gauches, Union nationale, réformes financières de Poincaré et crises politiques (Stavisky, 6 février 1934) .

Le Front populaire triomphe en 1936, menant les grandes réformes sociales : congés payés, semaine de 40 heures, conventions collectives, accords Matignon . Mais les divisions internes, la crise économique et la montée des périls européens fragilisent le régime.

La Troisième République s’effondre en juillet 1940, lorsque l’Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain, mettant fin au régime né en 1870.

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