PHILIPPE IV LE BEL, roi de France (5.10.1285 au 29.11.1314)
PHILIPPE IV LE BEL (1268-1314) roi de France
(1285-1314)
Le règne de Philippe IV le Bel (1285‑1314) est
considéré comme l’un des plus importants de l’histoire de France, mais aussi
l’un des plus déroutants . Le royaume est alors au sommet de sa puissance
médiévale, le plus peuplé de la Chrétienté (13 à 15 millions d’habitants) ,
prospère économiquement et doté d’un pouvoir monarchique en voie de
centralisation avancée.
Pourtant, cette prospérité masque : un malaise économique
latent (mutations monétaires, déclin des foires de Champagne) ; un roi mal
informé de son royaume et une administration encore insuffisante ; une
série de procès retentissants (Templiers, évêques, scandales familiaux)
qui ternissent son image.
Philippe IV reste une figure énigmatique : souverain
pieux, admirateur de Saint Louis, mais perçu comme un « anti‑Saint Louis » par
ses contemporains. Il s’appuie fortement sur un Conseil de légistes, ce
qui conduit certains historiens à le qualifier de roi « constitutionnel » avant
l’heure. Son gouvernement renforce : la spécialisation des institutions
centrales (Parlement, Chambre des comptes) ; l’administration locale
via baillis et sénéchaux, choisis hors de leur région pour limiter les
clientélismes .
Le roi ne parvient pas à instaurer un impôt direct stable .
Il recourt donc à : des confiscations (notamment Juifs en 1306,
Lombards) ; des mutations monétaires répétées, qui lui valent la
réputation de « faux‑monnayeur » ; des mesures qui provoquent émeutes et
tensions sociales, notamment à Paris en 1306.
Pour obtenir soutien et subsides, Philippe IV convoque en 1302
les représentants des trois ordres : noblesse, clergé, tiers état . Ces
assemblées, ancêtres des États généraux, participent à la formation
d’une opinion publique nationale et d’une raison d’État émergente.
Politique extérieure et militaire. La Flandre
est un enjeu majeur : riche, stratégique, liée économiquement à l’Angleterre.
Le conflit culmine avec : la défaite française de Courtrai (1302), «
bataille des éperons d’or » ; la victoire de Mons‑en‑Pévèle (1304) où
Philippe combat personnellement ;le traité d’Athis‑sur‑Orge (1305), très
dur pour les Flamands. La guerre de 1294 avec l’Angleterre débouche sur
une réconciliation scellée par deux mariages, qui ouvriront plus tard la voie
aux prétentions anglaises sur la couronne de France (guerre de Cent Ans).
Le conflit avec le pape Boniface VIII est l’un des
épisodes les plus célèbres du règne : interdiction pontificale des subsides au
roi (1296) ; bulle Ausculta fili (1301) réaffirmant la supériorité du
pape ; 6bulle Unam Sanctam (1302) ; attentat d’Anagni (1303), où
les agents du roi arrêtent le pape. Sous Clément V, la papauté s’installe à Avignon
(1309), ce qui renforce l’influence française mais prépare le Grand Schisme.
Le 13 octobre 1307, Philippe IV fait arrêter tous les
Templiers de France sous des accusations graves mais douteuses . Il obtient
du concile de Vienne la suppression de l’ordre (1312).
La personnalité de Philippe IV demeure obscure. Les chroniqueurs le décrivent comme : un roi pieux mais inflexible ; un souverain entouré de légistes puissants ; un acteur d’une mutation profonde de l’État, annonçant une nouvelle ère politique.
ASIN : B082PQKBZV
Éditeur : TALLANDIER (5 mars 2020)
Langue : Français
Broché : 608 pages
ISBN-13 : 979-1021043756
Poids de l'article : 400 g
Dimensions : 12 x 2.6 x 18 cm
