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PHILIPPE II AUGUSTE, roi de France (18.9.1180 au 14.7.1223 associé au trône depuis le 1.11.1179)


Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

PHILIPPE II AUGUSTE (1165-1223) roi de France (1180-1223)

Philippe II, fils de Louis VII et d’Adèle de Champagne, hérite en 1180 d’un domaine royal restreint (Île-de-France, Orléanais, partie du Berry). Le reste du royaume est morcelé en grands fiefs sur lesquels il n’a qu’une suzeraineté théorique, notamment les possessions des Plantagenêt à l’Ouest .

Dès son avènement (à 15 ans), il cherche à agrandir le domaine royal en exploitant les rivalités nobiliaires. Son mariage avec Isabelle de Hainaut lui apporte l’Artois (1180). Il triomphe d’une coalition féodale (traité de Boves, 1185) et rattache Amiens, Montdidier, Roye, Thourotte .

La grande entreprise : abattre la puissance des Plantagenêt : Il soutient les fils révoltés d’Henri II Plantagenêt contre leur père. Par le traité de Châteauroux (1187), il obtient une partie du Vermandois et marie sa fille à Jean sans Terre. Après la mort d’Henri II (1189), les relations avec Richard Cœur de Lion se dégradent ; Philippe intrigue contre lui pendant la croisade. À la mort de Richard (1199), Philippe impose à Jean sans Terre le traité du Goulet (1200). En 1202, Jean ne répondant pas à une convocation judiciaire, ses fiefs sont confisqués : Philippe annexe Normandie, Maine, Anjou, Poitou (1204‑1208) .

La victoire décisive : Bouvines (1214). Une coalition européenne (Flandre, Boulogne, Hollande, Lorraine, Brabant, empereur germanique) tente de renverser Philippe. La victoire de Bouvines (27 juillet 1214) assure la sécurité du royaume et consacre la domination capétienne.

Jean sans Terre soutient une tentative de conquête de l’Angleterre par le futur Louis VIII (1216‑1217). Le prince intervient aussi en Aquitaine aux côtés de Simon de Montfort contre les Albigeois ; Philippe avait déjà annexé l’Auvergne et la Champagne.

Philippe Auguste modernise profondément l’administration : création des baillis, représentants royaux nommés et révocables ; meilleure gestion des revenus, vente de privilèges, trésor confié aux Templiers ; financement de mercenaires et construction de châteaux (Dourdan, Issoudun, Gisors). Le gouvernement central se spécialise : embryons du Parlement et de la Cour des comptes ; disparition des offices de sénéchal et de chancelier. La cour se fixe à Paris, où sont conservées les archives dès 1194 ; la ville est fortifiée et modernisée (pavage, privilèges commerciaux).

Relations avec l’Église. Relations souvent tendues en raison d’affaires matrimoniales : mariage avec Isambour de Danemark (1193), annulé par une assemblée d’évêques ; union avec Agnès de Méran, provoquant un interdit pontifical (1200‑1213). Malgré cela, Philippe entretient de bons rapports internes avec le clergé, intervenant peu dans les élections épiscopales et soutenant les ordres monastiques.

À sa mort (1223), Philippe II Auguste est devenu le plus puissant seigneur du royaume, ayant imposé son autorité aux grands féodaux et considérablement agrandi le domaine royal. Pour la première fois depuis les débuts capétiens, le prince royal n’est pas associé au trône : la monarchie est désormais solidement établie.

Philippe Auguste et son gouvernement
de John W. Baldwin (Auteur)

On n'a jamais douté du rôle capital du règne de Philippe Auguste (1179-1223) dans le «décollage» du pouvoir royal, et le prestige de ce souverain dans la mémoire collective n'a rien d'usurpé. Mais on s'est longtemps mépris à la fois sur les modalités et sur les étapes de cet essor. Tributaire de sources anglo-normandes plus fournies et plus aisément exploitables que la documentation française, l'historiographie traditionnelle a, en outre, privilégié le facteur militaire. L'incorporation de la Normandie au domaine royal (1204), en procurant au roi un surcroît de ressources et un modèle administratif, aurait permis à elle seule l'éveil de la monarchie française. Dix ans plus tard, la victoire de Bouvines aurait suffi à asseoir la domination capétienne sur l'Occident.Un réexamen attentif des archives connues et la prise en compte de découvertes récentes (certains rôles fiscaux par exemple) permettent d'affirmer que la «décennie décisive» du règne s'ouvre non pas dans les premières années du XIIIe siècle mais aux alentours de 1190 et trouve son accomplissement avec la prise de possession de la Normandie. C'est au cours des années 90 que, avec l'aide d'«hommes nouveaux», le roi gère le Domaine autrement que comme un simple ensemble de seigneuries ; qu'à travers la justice (avec les baillis et les sénéchaux) et les finances (Chambre des comptes) il fait vigoureusement valoir ses droits ; qu'apparaît un authentique budget (dépenses et recettes) ; que son entourage se dote d'outils statistiques, l'auteur y décèle un véritable «esprit de bilan», qui ne sont pas seulement une copie des pratiques anglo-normandes ; qu'enfin se mettent en place les linéaments d'une idéologie royale et d'une culture politique quelque peu libérées de l'emprise des clercs. Un formidable accroissement de ressources et de puissance s'ensuit pour un pouvoir désormais fixé à Paris. La mise au pas de hauts barons peu habitués à voir le roi parler en maître, l'affaiblissement des Plantagenêt, la pénétration dans le Midi sont alors possibles.

Éditeur ‏ : ‎ Fayard (4 juin 1991)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 717 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2213026602
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2213026602
Poids de l'article ‏ : ‎ 800 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.5 x 3.7 x 21.5 cm

Philippe Auguste
de Gérard Sivery (Auteur)

Nouvelle édition de la biographie de l'un de nos plus grands rois - l'un de ceux qui ont fait la France.

Le vainqueur de Bouvines, Philippe Auguste (1165-1223), est l'un de nos rois dont la mémoire collective est le plus imprégnée. Les siècles ont chanté ses louanges, célébrant l'agrandissement considérable du domaine royal, la délivrance de chartes aux communes, le renforcement des institutions royales. Se défiant des clichés que l'Histoire a charriés jusqu'à nous, Gérard Sivéry s'est livré à une enquête rigoureuse pour analyser ce socle de notre histoire nationale. Le règne de Philippe Auguste a incontestablement labouré en profondeur notre pays. Il a semé les germes de l'unité et d'un véritable État qui s'appuyait sur un domaine royal quadruplé. Il est parvenu à se faire respecter par les grands feudataires du royaume, en particulier par le comte de Flandre et par Jean sans Terre, roi d'Angleterre.

Gérard Sivéry souligne bien tout ce que Philippe Auguste a apporté à la construction de la France, mais il montre que cet homme de guerre et d'organisation qui alternait autorité et sournoiserie fut parfois l'instrument d'un clan ou de conseillers qui, tel Guérin, profitaient de ses périodes dépressives. En outre, ses foucades, ses affaires matrimoniales, qui pesèrent tant sur le royaume, et les abus des administrateurs royaux suscitèrent de vives critiques de la part de ses sujets. Ainsi Gérard Sivéry renouvelle-t-il la connaissance de ce roi qui entretient avec le pouvoir des relations quasi amoureuses.

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (15 mai 2003)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 432 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262020450
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262020453
Poids de l'article ‏ : ‎ 570 g
Dimensions ‏ : ‎ 14 x 3.6 x 22.6 cm