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Philippe-Antoine MERLIN de DOUAI, directeur (4.9.1797 au 16.5.1799)


Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

Fils d’agriculteur devenu avocat à Douai, Merlin est déjà conseiller juridique et financier du duc d’Orléans avant la Révolution .

Député à la Constituante, il soutient le parti patriote. À la Convention, il siège à la Plaine mais vote presque toujours avec la Montagne, notamment pour la mort de Louis XVI. Il joue un rôle majeur au Comité de législation. Il rédige la loi des suspects (17 septembre 1793), instrument central de la Terreur, ce qui lui vaudra une célébrité dangereuse malgré son modérantisme.

Resté à l’écart du 9‑Thermidor, il devient ensuite l’un des thermidoriens les plus influents. Avec Cambacérès, il est l’un des deux seuls à siéger trois fois au nouveau Comité de salut public. Il se spécialise dans les questions juridiques à dimension répressive et policière.

Sous le Directoire, il est successivement : ministre de la Justice, ministre de la Police, puis de nouveau ministre de la Justice. Sa ligne politique est décrite comme centriste, réprimant à la fois babouvistes et clichyens. Après avoir participé au coup d’État de Fructidor, il entre au Directoire jusqu’en juin 1799.

Il accueille avec complaisance le 18‑Brumaire. Napoléon apprécie sa rigueur juridique, son efficacité et sa disponibilité. Il occupe des postes clés : procureur général près la Cour de cassation, conseiller d’État à vie, ministre d’État pendant les Cent‑Jours. Son influence réelle dépasse largement ses titres officiels .

Proscrit après Waterloo, il vit quinze ans à Bruxelles, où il achève un monumental Répertoire de jurisprudence. Il ne rentre en France qu’après la Révolution de Juillet (1830) .

Merlin de Douai incarne la continuité administrative et juridique entre Révolution, Directoire et Empire.