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NAPOLEON III, président de la République (10.12.1848 au 2.12.1852), empereur des Français (2.12.1852 au 4.9.1870)


Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

Eugénie de Montijo, impératrice des Français (29.1.1853 au 4.9.1870), régente (10.5.au 17.7.1859, 3.5 au 9.6.1825 et 27.7 au 4.9.1870)

Louis‑Napoléon naît en 1808, fils de Louis Bonaparte et d’Hortense de Beauharnais, et grandit dans le culte de Napoléon Iᵉʳ, malgré l’exil imposé à la famille après 1815. Son éducation mêle influences républicaines (Philippe Le Bas) et exaltation de la légende impériale, forgeant une vocation politique précoce.

Dès les années 1830‑1840, il élabore une pensée politique articulée autour : d’une relecture libérale de Napoléon Iᵉʳ (inspirée du Mémorial de Sainte‑Hélène) ; d’un bonapartisme conciliant ordre et liberté, exécutif fort et suffrage universel ; de la figure de l’« homme providentiel » légitimé par le plébiscite ; d’une pensée sociale marquée par le saint-simonisme et la volonté de moderniser l’économie (crédit, grands travaux, colonies agricoles).

Avant d’accéder au pouvoir, Louis‑Napoléon multiplie les tentatives : engagement auprès des carbonari en Italie (1830‑1831) ; coups de Strasbourg (1836) et de Boulogne (1840), mieux préparés qu’on ne le dit souvent, mais échouant par résistance militaire ou trahison ; longue détention au fort de Ham, où il écrit et affine sa doctrine, avant une évasion rocambolesque en 1846.

Élu député puis premier président de la République au suffrage universel masculin en décembre 1848 (5,5 millions de voix). Il s’émancipe progressivement de l’Assemblée, multiplie les voyages de propagande et construit le « parti de l’Élysée ». Le refus de la révision constitutionnelle et de l’abrogation de la loi du 31 mai 1850 l’amène au coup d’État du 2 décembre 1851, légitimé ensuite par plébiscite .

Proclamé empereur le 2 décembre 1852. Il reconstitue une cour fastueuse, structurée autour de l’impératrice Eugénie, du prince impérial et de fidèles comme Persigny ou Morny. Sa vie privée est marquée par de nombreuses liaisons, sans influence politique réelle.

Un règne entre modernisation et contradictions. Des succès majeurs : transformation de Paris par Haussmann, modernisation économique et industrielle ; rôle diplomatique central avec le congrès de Paris (1856), et les Expositions universelles (1855, 1867). Mais qui connaissent des limites et tensions : arbitrages difficiles entre soutien à l’unité italienne et fidélité aux catholiques ; réformes sociales timides, freinées par les élites conservatrices ; santé déclinante à partir de 1863, favorisant la libéralisation tardive de l’Empire.

Des échecs à l’extérieur, avec le fiasco de l’expédition du Mexique (1867) ; la sous‑estimation de la montée en puissance prussienne ; l’incapacité à moderniser l’armée (loi Niel). La Guerre de 1870 : défaite rapide, reddition à Sedan (2 septembre), chute de l’Empire (4 septembre) .

Exil à Chislehurst, il meurt en 1873 après une opération liée à sa maladie. Longtemps discrédité sous la III République (« Napoléon le Petit »), il fait l’objet d’une réévaluation historiographique depuis 1945.

Napoléon III. La modernité inachevée
de Thierry Lentz (Auteur)

Un portrait renouvelé de celui qui fut à la fois le premier président de la République et le dernier monarque à avoir régné sur la France.

Victime de sa légende noire, Napoléon III a longtemps été le plus méconnu et le plus mal-aimé de nos souverains. Tout juste cent cinquante ans après sa mort, l'ouvrage de Thierry Lentz revient sur cette période décisive de 1848 à 1870, où la France entre véritablement dans la modernité. À l'aide de sources inédites, conservées à la BnF et aux Archives nationales, en s'appuyant sur les mémoires de militaires et de ministers ainsi que sur les riches archives de la famille impériale, il brosse un portrait à rebrousse-poil de l'empereur, évoquant tour à tour son enfance marquée par l'exil et la défaite de son oncle Napoléon Ier, sa jeunesse aventureuse, l'élaboration de sa pensée politique, sa marche vers le pouvoir, son bilan intérieur et sa politique étrangère.
L'ouvrage est servi par une iconographie somptueuse, mettant en avant quelques-uns des trésors du patrimoine national, tels les manuscrits de Victor Hugo, d'Émile Zola, les sublimes gravures du Monde illustré ou les premières photographies de Gustave Le Gray ou de Disdéri, qui donnent à voir les visages de l'impératrice Eugénie, du prince impérial et des autres acteurs du règne. Ces œuvres, dont certaines proviennent des collections privées de Napoléon III ou de son entourage, témoignent des expositions universelles, des grands travaux parisiens du préfet Haussmann, des voyages et des fêtes officielles, mais aussi des conflits majeurs du règne, comme la guerre de Crimée et l'expédition du Mexique, sans oublier la défaite de Sedan et l'exil de la famille impériale. Tout l'art de Thierry Lentz, biographe chevronné et spécialiste incontesté des Bonaparte, consiste à faire dialoguer un texte solidement documenté avec des images rares, en offrant, en neuf chapitres parfaitement équilibrés, un panorama complet et synthétique du règne de Napoléon III, revenant sur ses réussites aussi bien que sur ses échecs.

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (20 octobre 2022)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 256 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262096813
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262096816
Poids de l'article ‏ : ‎ 770 g
Dimensions ‏ : ‎ 18.4 x 2.4 x 26.2 cm