NAPOLÉON II
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
NAPOLÉON II (1811-1832) duc de Reichstadt, roi
de Rome
Né en 1811, alors que
l’Empire montre ses premières failles, il attire peu l’attention et est même
oublié lors de l’affaire Malet. Napoléon tente en vain d’en faire le fondateur
d’une quatrième dynastie. Les abdications de 1814 et 1815 en sa faveur
restent sans effet politique .
Élevé à Schönbrunn, sous la tutelle du comte
Dietrichstein, il ne vit pas dans une « cage dorée » mais reçoit une éducation
stricte et autrichienne. Il est séparé de sa mère, Marie-Louise, installée à
Parme avec Neipperg, et ne peut compter que sur l’affection de son grand-père,
l’empereur François Ier.
Son nom est acclamé lors des révolutions de 1830,
mais Metternich et Gentz bloquent toute possibilité d’accession au trône, que
ce soit en Belgique ou en Pologne. Une élévation de Napoléon II aurait remis en
cause les principes de la Sainte-Alliance.
Il devient simple lieutenant-colonel à Brünn. Après
avoir pris froid lors d’une parade, il meurt en 1832, à seulement 21 ans.
Napoléon II
A elle seule, l'énumération des noms successivement attribués au fils de Napoléon durant sa courte existence _ vingt et une années _ suggère le destin contrarié qui fut le sien: son père le voulut Roi de Rome (1811-1814); pendant quelques jours en 1815, il fut nominativement Napoléon II empereur des Français, mais les puissances européennes en firent un prince de Parme (1816); pour finir, son grand-père maternel, François II d'Autriche, lui donna le titre de duc de Reichstadt, du nom d'une petite bourgade de Bohême...
Il serait excessif de dire qu'après l'abdication du Grand Empereur, Marie-Louise, sa mère, s'occupa de lui, et, à deux reprises (1815 et 1830), le " fils de l'Aigle " _ l'Aiglon de Rostand _ se vit préférer, pour régner sur la France, des rejetons de l'ancienne dynastie... Ultime grimace du Destin: ses cendres revinrent à Paris le 15 décembre 1940, restituées par l'Allemagne nazie qui croyait ainsi se gagner la faveur des vaincus...
Bien qu'il n'y ait jamais un seul instant prêté la main, le duc de Reichstadt _ élevé à Vienne comme un prince allemand sous la férule de l'empereur François _ fut pourtant la cible de tous les regards, de toutes les craintes et de tous les espoirs: en France, mais aussi ailleurs, on redoutait ou on rêvait, selon que l'on approuvait ou non l'ordre de la Sainte-Alliance, de le voir se faire le porte-drapeau des idées nouvelles. Plus étonnant encore, c'est après sa mort (1832) qu'il se montra le plus dangereux: son nom devint un véritable mythe qui se conjugua avec la légende délibérément forgée par le Grand Empereur depuis son rocher de l'Atlantique sud. Aux poètes et dramaturges qui s'étaient emparés dès les années 1820 de l'histoire romantique d'un jeune homme à la santé chancelante, répond en écho toute une littérature (qui trouvera son accomplissement avec le drame composé par Rostand en 1900) frémissant d'émotion pour ce destin brisé.
Rarement, dans les temps modernes, un mythe politique aura connu une telle fortune et une telle force. L'évocation de sa genèse et des raisons de son succès importe à l'historien autant que le récit minutieux d'une vie brève et sans événements saillants...
Éditeur : Fayard (9 septembre 1992)
Langue : Français
Broché : 272 pages
ISBN-10 : 2213029660
ISBN-13 : 978-2213029665
Poids de l'article : 300 g
Dimensions : 13.5 x 1.4 x 21.5 cm
