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LOUIS XIV LE GRAND, roi de France et de Navarre (14.5.1643 au 1er.9.1715)


Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

LOUIS XIV (1638-1715) roi de France et de Navarre (1643-1715)

LOUIS XIV (1638-1715), roi de France de 1643 à 1715, est l’une des figures les plus marquantes de l’histoire française. Son règne personnel, commencé en 1661 à la mort de Mazarin, associe une gloire exceptionnelle à de profondes difficultés pour le royaume. Symbole de la monarchie absolue, il impose un pouvoir fortement centralisé, modernise l’État, fait rayonner la culture française en Europe, mais laisse aussi un pays affaibli par les guerres, la fiscalité et l’intolérance religieuse.

Né en 1638, Louis XIV devient roi à l’âge de quatre ans et demi. Son enfance est profondément marquée par la Fronde, période de troubles et de violences qui nourrit chez lui une méfiance durable envers les élites turbulentes et renforce son attachement à l’ordre, au secret et à l’autorité royale. Son éducation humaniste lui donne une solide formation intellectuelle et une conscience aiguë de sa dignité de souverain.

En 1661, à la mort de Mazarin, il décide de gouverner seul, sans Premier ministre. Il réorganise le Conseil, écarte les grands seigneurs des responsabilités majeures et s’appuie sur des ministres compétents et dépendants de lui, comme Colbert, Le Tellier et Louvois. Son gouvernement personnel repose sur une forte centralisation du pouvoir, sur l’obéissance intérieure et sur le prestige extérieur du royaume.

Colbert joue un rôle essentiel dans la réforme administrative et économique du royaume. Il modernise les finances, développe les manufactures, le commerce, la marine et les forêts, tout en renforçant le contrôle de l’État sur les provinces. Cette politique contribue à faire de la France une grande puissance administrative et économique, même si ses effets sont limités par les guerres et les crises.

Dans le domaine militaire, Le Tellier et Louvois réorganisent l’armée, améliorent la discipline, l’intendance, l’artillerie et les fortifications, notamment grâce à Vauban. L’armée devient un instrument central de la politique royale et permet à Louis XIV de mener une diplomatie ambitieuse, fondée sur la gloire, la puissance et la défense des frontières du royaume.

Le règne de Louis XIV correspond aussi à un immense rayonnement culturel, souvent qualifié de « siècle de Louis XIV ». Le roi protège les arts, attire écrivains, artistes et savants, et renforce les académies. Molière, Racine, Le Brun, Mansart ou Le Nôtre illustrent cette grandeur artistique. Versailles devient à la fois résidence royale, centre politique et symbole éclatant de la monarchie absolue.

En politique étrangère, Louis XIV ne suit pas un plan territorial rigide, mais cherche avant tout le prestige, la sécurité des frontières et la grandeur dynastique. La première partie de son règne est marquée par des succès, avec la guerre de Dévolution, la guerre de Hollande, les traités de Nimègue et la politique des Réunions, qui permettent notamment l’acquisition de la Franche-Comté et la prise de Strasbourg. Cependant, cette politique suscite l’hostilité croissante des puissances européennes.

La seconde partie du règne est plus difficile. La guerre de la Ligue d’Augsbourg puis la guerre de Succession d’Espagne épuisent les finances et provoquent de lourdes pertes. Malgré des défaites sévères, comme à Blenheim ou Ramillies, la monarchie parvient à se redresser, notamment grâce à Denain. Les traités d’Utrecht et de Rastatt confirment Philippe V sur le trône d’Espagne, tout en séparant les couronnes de France et d’Espagne.

Sur le plan religieux, Louis XIV veut imposer l’unité du royaume autour d’une monarchie très liée à l’Église catholique. Il affirme le gallicanisme avec la Déclaration de 1682, lutte contre le jansénisme et révoque l’édit de Nantes en 1685. Cette décision provoque l’exil de nombreux protestants, affaiblit l’économie et nuit durablement à l’image du roi en Europe.

La fin du règne est assombrie par les famines, la pression fiscale, les difficultés monétaires et l’épuisement général du pays. Pourtant, Louis XIV laisse aussi un État profondément transformé : l’administration est renforcée, la centralisation consolidée et la monarchie absolue portée à son plus haut degré d’organisation.

À sa mort en 1715, Louis XIV laisse un héritage contrasté. La France sort de son règne à la fois prestigieuse et affaiblie : agrandie, admirée pour sa culture et son rayonnement, mais épuisée par les guerres, la fiscalité et l’intolérance religieuse. Son règne demeure cependant une étape majeure dans la construction de l’État moderne et dans l’affirmation de la puissance française en Europe.

Louis XIV

Ce livre est autre chose qu'une biographie classique. C'est tout le règne qu'il embrasse dans une vision générale de la société du Grand Siècle, renouvelant le sujet, mettant à mal bien des clichés et des vieilles lunes grâce à une documentation considérable, dont de nombreuses études étrangères peu accessibles, grâce tout autant à une analyse remarquable, originale, juste, du pouvoir, de ses serviteurs, de ses moyens d'action et de propagande, de sa grandeur, mais aussi de ses limites et de ses contradictions. Alliant la recherche, la vie, l'intelligence de la réflexion, la clarté, la qualité de l'expression et du style, Jean-Christian Petitfils a écrit un riche et grand Louis XIV, que l'Académie française a couronné de son Grand Prix de la biographie (histoire).

Éditeur ‏ : ‎ Tempus Perrin (1 mars 2018)
Langue ‏ : ‎ Français
Poche ‏ : ‎ 640 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262075042
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262075040
Poids de l'article ‏ : ‎ 660 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.3 x 4.3 x 18.7 cm