LOUIS XIII LE JUSTE, roi de France et de Navarre (14.5.1610 au 14.5.1643)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes
Chroniques de France
LOUIS XIII (1601-1643) roi de France (1610-1643)
Louis XIII est présenté comme un roi timide, secret,
pudique, mais doté de réels talents artistiques et de bon sens.
L’historiographie a souvent privilégié la figure de Richelieu, reléguant
le roi au second plan, de Tallemant des Réaux à Saint-Simon en passant par
Dumas .
Fils de Henri IV et de Marie de Médicis, il
souffre d’une éducation négligée et d’une relation conflictuelle avec sa mère. Roi
à 9 ans, il affirme brutalement son autorité en faisant assassiner Concini
en 1617, acte révélateur d’une raison d’État déjà présente avant Richelieu.
La politique de Luynes (1617‑1621) reste proche de
celle de Concini : catholique, pro‑espagnole, mais marquée par l’éloignement de
la reine mère.
L’entrée de Richelieu au gouvernement en 1624
inaugure une nouvelle forme de gouvernement : le ministériat, poursuivi
ensuite par Mazarin. Ce système suscite de fortes résistances, notamment
en raison : des complots contre
les Premiers ministres, de la rivalité entre clientèle royale et clientèle
ministérielle, de l’alourdissement de l’État durant la guerre de
Trente Ans (armée, fiscalité, intendants, centralisation).
Contrairement à l’image d’un roi dominé, Louis XIII ne
s’écarte guère de la ligne de Richelieu et en renforce parfois les rigueurs.
Il reste maître de ses décisions, comme lors de la journée des Dupes
où il tranche en faveur du cardinal. Son soutien à Richelieu révèle un absolutisme
royal renforcé, capable d’imposer une politique impopulaire à la cour et à
la ville.
Le roi et le cardinal partagent plusieurs priorités : unité
religieuse et affaiblissement du parti protestant (notamment les Rohan), réforme
morale et religieuse, consolidation de l’État monarchique.
Louis XIII est doué pour la musique et la sculpture.
Il protège Georges de La Tour, dont il fait un peintre royal et dont il
collectionne les œuvres, révélant un goût personnel marqué.
En conclusion. Louis XIII apparaît comme un souverain ambigu, jaloux de son autorité, mais capable d’une rare clairvoyance politique : reconnaître et utiliser le génie de Richelieu sans en être éclipsé.
Au regard de l'Histoire, Louis XIII est un roi méconnu. Eclipsé par le panache de son père Henri IV, occulté par l'éblouissante renommé de son fils Louis XIV, il laisse l'impression d'un monarque mélancolique, sans personnalité, fuyant son mal être dans la chasse, dominé par son Premier ministre, le tout-puissant cardinal de Richelieu. Erreur !
Renversant les idées reçues, Jean-Christian Petitfils redonne ici toute sa place à ce souverain complexe à la personnalité déroutante, à la fois artiste mélomane et guerrier impétueux, extrêmement jaloux de son autorité. Témoin privilégié des premières conspirations nobiliaires, animé par la passion de la gloire et de la grandeur de la France, son règne annonce plus qu'on ne le croit l'absolutisme de celui de Louis XIV.
Sans négliger les faiblesses de l'homme, ses défauts trop souvent exagérés, cette biographie brillante et monumentale se veut une réhabilitation. Celle d'un roi, d'un grand, d'un très grand roi.
Éditeur : Tempus Perrin (26 août 2021)
Langue : Français
Poche : 1056 pages
ISBN-10 : 2262096937
ISBN-13 : 978-2262096939
Poids de l'article : 700 g
Dimensions : 13.4 x 3.6 x 18.6 cm
