LOUIS VII LE JEUNE, roi de France (1.8.1137 au 18.9.1180 associé au trône depuis le 25.10.1131)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
LOUIS VII LE JEUNE (1120-1180) roi de France
(1137-1180)
Fils de Louis VI et d’Adélaïde de Savoie. Épouse
Aliénor d’Aquitaine juste avant son avènement, à seize ans,
apportant au royaume l’immense duché d’Aquitaine.
Écarte sa mère et gouverne avec Suger, l’abbé de
Saint‑Denis, conseiller de son père. Réside surtout à Paris et poursuit
la politique de consolidation du domaine royal : privilèges aux
communautés rurales, encouragement des défrichements, émancipation des serfs, chartes
de bourgeoisie (Étampes, Bourges). Hors domaine : soutien au mouvement
communal et à l’élection d’évêques favorables au pouvoir royal.
Premières tensions autour des élections épiscopales :
investiture contestée à Langres (1138) ; crise majeure à Bourges (1141) ; le pape Innocent
II excommunie Louis VII. Le roi envahit la Champagne et brûle Vitry
(1142). Il doit finalement accepter l’élection de Pierre de La Châtre pour
lever l’interdit pesant sur le royaume.
La deuxième croisade (1147‑1149) : Se croise à
Noël 1145, répondant à l’appel de Bernard de Clairvaux. Confie le
royaume à Suger, part pour Antioche, échoue devant Damas et rentre en France. La
croisade marque le début de la rupture avec Aliénor, qui mènera au
divorce
Aliénor épouse Henri II Plantagenêt, futur roi
d’Angleterre, qui récupère ainsi l’Aquitaine (1154). Naissance du conflit
capétien‑plantagenêt : affrontements quasi permanents malgré une brève
réconciliation.
Opposition à Henri II Plantagenêt :
Louis VII soutient Thomas Becket, archevêque de Canterbury ; les
fils révoltés d’Henri II (Henri et Richard) en 1173. Le pape impose finalement
le traité d’Ivry (1177).
Alliances et fin de règne : Appui constant aux papes contre l’empereur ; alliances avec les comtes de Flandre et de Champagne ; mariage avec Adèle de Champagne, mère de Philippe Auguste (1160). Il meurt en 1180 après 43 ans de règne, ayant associé son fils au trône pour assurer la continuité dynastique .
Louis VII le Jeune est un roi pieux, prudent et tenace, dont le règne est marqué par : la consolidation du domaine royal, des crises religieuses majeures, l’échec de la deuxième croisade, un divorce aux conséquences géopolitiques considérables, l’émergence du conflit franco‑anglais avec les Plantagenêt, la préparation de l’ascension de Philippe Auguste.Louis VII n'a certes pas la personnalité qu'on attend d'un roi: tolérant, généreux, pieux jusqu'à la dévotion, naïf et sensible, il ferait plutôt figure de saint laïque. Pourtant ce prince aux moeurs trop pures, au tempérament trop doux, apparemment mal armé pour lutter contre l'ambition et la fourberie des monarques de son temps, sut dessiner les contours d'une royauté plus forte.
En ce XIIe siècle trépidant, où la chrétienté occidentale se déchire, où Frédéric Barberousse aspire à la domination universelle, où les situations que l'on croit figées pour toujours se modifient soudain, le long règne (1137-1180) de Louis VII ne se juge pas d'une pièce. Premier roi de France à prendre la croix et à gagner la Terre sainte, il doit mener, dès son retour, un difficile combat dont l'enjeu est la survie de la dynastie. Il ne pourra empêcher la montée des Plantagenêt, mais, attentif au jeu politique, plus habile et peut-être plus clairvoyant qu'on ne le pensait, il affermit de façon décisive la prérogative du roi de France en tant que protecteur des Eglises et pacificateur du royaume.
Éditeur : Fayard (7 novembre 1991)
Langue : Français
Broché : 505 pages
ISBN-10 : 2213027862
ISBN-13 : 978-2213027869
Poids de l'article : 540 g
Dimensions : 13.5 x 2.6 x 21.5 cm
