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Lazare CARNOT, directeur (1.11.1795 au 4.9.1797)



Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

Carnot est connu comme « l’Organisateur de la victoire » pour son rôle décisif dans les succès militaires de l’an II. Officier du génie, formé à Mézières, il se distingue par son efficacité dans les missions militaires et son engagement personnel, notamment à Wattignies où il charge en tête des troupes.

Partisan ardent de la Révolution, élu à la Législative puis à la Convention, il vote la mort de Louis XVI tout en restant à distance des Jacobins. Au Comité de salut public, il joue un rôle central dans la conduite de la guerre, sans en faire un domaine exclusif, et participe aussi à la politique intérieure. Après Thermidor, il est le seul membre majeur du Comité à ne pas être inquiété, ce qui contribue à sa légende d’« Organisateur de la victoire ».

Sous le Directoire, son évolution politique se déplace vers la droite : poursuites contre Babeuf, méfiance envers Bonaparte mais nécessité de lui laisser agir en Italie, proximité croissante avec les milieux royalistes techniques et les « clichyens ». Il échappe de peu à l’arrestation lors du coup d’État de Fructidor et s’exile en Allemagne .

Rappelé par Bonaparte après Brumaire, il devient ministre de la Guerre en 1800, mais s’en éloigne rapidement en raison de ses liens avec l’opposition. Membre du Tribunat, il est le seul à voter contre l’établissement de l’Empire en 1802. En 1814, Napoléon le nomme général de division et lui confie la défense d’Anvers, qu’il mène efficacement. Il tente ensuite de se rapprocher de Louis XVIII, mais son Mémoire au roi (1814) le brouille avec la Restauration. Pendant les Cent‑Jours, il devient ministre de l’Intérieur, avant d’être évincé par Fouché .

Invité par le tsar puis par le roi de Prusse, il vit à Varsovie puis Magdebourg, où il meurt en 1823. Il consacre ses dernières années à l’étude et à l’éducation de son fils Hippolyte, futur ministre de l’Instruction publique en 1848.

Carnot n’est pas seulement un homme d’État : il est aussi un scientifique majeur, actif toute sa vie. Il contribuera également à la création ou au développement de plusieurs institutions majeures : École normale, Conservatoire des arts et métiers, Bureau des longitudes, Muséum d’histoire naturelle.