Jules GREVY, président de la République française (30.1.1879 au 2.12.1887)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
Jules Grévy est un avocat brillant, doté d’un grand sang‑froid et d’une maîtrise
exceptionnelle du langage. Sa finesse d’esprit contraste avec son
physique imposant. Républicain convaincu, il ne renia jamais ses convictions
républicaines fermes .
En 1848, il propose un amendement
célèbre contre l’élection du président au suffrage universel, défendant un
régime d’assemblée pour éviter la personnalisation du pouvoir exécutif. Il
cherche à dépersonnaliser la fonction politique et à limiter le pouvoir
personnel du chef de l’État. Député du Jura en 1863 et 1869, il devient un chef
de l’opposition républicaine sous l’Empire. En 1870, il s’oppose à la déclaration
de guerre à la Prusse, aux côtés de Thiers et Gambetta .
Président de l’Assemblée
nationale (1871‑1873), puis de la Chambre des députés à partir de 1876, il joue
un rôle clé dans la crise du 16 mai 1877.
Le 30 janvier 1879, après la démission de Mac‑Mahon, il est élu
président de la République par le Congrès réuni à Versailles. Son influence
est capitale pour l’avenir de la fonction présidentielle : il met en
sommeil les prérogatives constitutionnelles controversées utilisées par Mac‑Mahon
(révocation des ministres, ajournement, dissolution). Grévy choisit
personnellement les ministres et surtout le président du Conseil, fonction non
définie par la Constitution de 1875. Il manœuvre pour écarter Gambetta
de la présidence du Conseil et contribue à l’échec du « grand ministère » de
1881, avec l’appui de Clemenceau. Ce mode de fonctionnement entraîne un affaiblissement
durable: du président de la
République, réduit à un rôle effacé, et du président du Conseil,
privé d’un leadership exécutif fort. Cette pratique politique est qualifiée de «
Constitution Grévy » (il impose un modèle présidentiel effacé,
dominé par le Parlement, qui marquera durablement les institutions françaises).
Grévy est profondément attaché à la paix, ce qui lui attire l’hostilité
des partisans de la revanche, notamment lors de la crise boulangiste .
Réélu en 1885, il doit démissionner en 1887 après le scandale impliquant son gendre Daniel Wilson, accusé de trafic d’influence. Cette affaire révèle les premiers signes d’un affairisme parlementaire exploité par les nationalistes.
Éditeur : Dmodmo (1 juillet 2007)
Langue : Français
ISBN-10 : 2916295062
ISBN-13 : 978-2916295060
Poids de l'article : 1 Kilograms
