Jean-Jacques Régis de CAMBACERES, consul (13.12.1799 au 18.5.1804)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
Jean‑Jacques‑Régis de Cambacérès apparaît comme un juriste
de premier plan, modéré, prudent, fin politique, dont la loyauté envers
Napoléon fut réelle mais jamais aveugle. Son rôle dans la codification
civile et dans la stabilisation institutionnelle du Consulat et de l’Empire
est central. Sa personnalité mêle compétence juridique, habileté
politique, goût du faste et sens du confort.
Né à Montpellier dans une famille
de noblesse de robe et formé comme juriste, il devient conseiller à la cour
des aides (1774), puis président du tribunal criminel de l’Hérault (1790).
Député à la Convention, modéré,
il siège au Marais. Il vote la mort de Louis XVI, mais de manière ambiguë,
puis vote le sursis, ce qui nuance son statut de régicide. Il travaille surtout
au Comité de législation et présente un premier projet de Code civil.
Il ne participe pas à
Thermidor et répondra plus tard à Napoléon que le procès de Robespierre « n’a
jamais pu être plaidé ». Sous le régime thermidorien, il devient trois fois
membre du Comité de salut public, sans rôle politique majeur mais réputé
pour son assiduité.
Non élu directeur, il retourne
à la vie privée jusqu’à ce que Sieyès le fasse nommer ministre de la Justice
(juillet 1799). Il devient deuxième consul après le coup d’État de
Brumaire (décembre 1799).
Cambacérès joue
un rôle majeur dans l’élaboration du Code civil, dont il rédige le
discours préliminaire. Il soutient activement la proclamation du Consulat à
vie, puis de l’Empire. Napoléon apprécie son discret conseil
et le couvre d’honneurs.
Nommé premier au Conseil
impérial de régence en janvier 1814, il est le premier à voter la déchéance
de Napoléon en avril 1814. Durant les Cent‑Jours, il redevient
archichancelier et ministre de la Justice.
Proscrit en 1815, il vit à
Bruxelles jusqu’à son rappel en 1818. Il meurt en 1824.
