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JEAN II LE BON, roi de France (22.8.1350 au 8.4.1364)


Le mot de Laurent Sailly pour le blog  Grandes Chroniques de France

JEAN II LE BON (1319-1364) roi de France (1350-1364)

Jean II est le fils aîné de Philippe VI et de Jeanne de Bourgogne . Il devient duc de Normandie, puis roi de France en 1350 .

Réputé excellent chevalier, il refuse de fuir à Crécy comme son père l’avait fait. Son intelligence jugée médiocre entraîne de nombreuses maladresses politiques, notamment son incapacité à obtenir le soutien financier des états généraux. Il ne parvient pas à arbitrer entre noblesse réformatrice, bourgeoisie montante et officiers royaux, ce qui affaiblit son autorité .

Il se brouille avec de grands lignages en ordonnant des exécutions sommaires, dont celle du connétable Raoul de Brienne (1350). Il aggrave l’hostilité de Charles le Mauvais, roi de Navarre, par des spoliations inutiles. Il humilie son fils, le futur Charles V, en faisant arrêter le Navarrais alors qu’il était son invité à Rouen .

Jean II est vaincu et capturé par les Anglais à Poitiers (1356). Sa libération en 1360 exige le traité de Brétigny-Calais, qui cède la moitié du royaume et impose une rançon de trois millions de livres. En 1364, il retourne volontairement en Angleterre pour remplacer son fils Louis d’Anjou, qui avait fui son rôle d’otage.

Pendant sa captivité, la France connaît la révolte parisienne d’Étienne Marcel et la Jacquerie. Le régent Charles (futur Charles V) rétablit progressivement l’ordre, discrédite les états généraux et amorce le redressement militaire.

Jean II n’est pas seul responsable des catastrophes du règne : les difficultés étaient déjà perceptibles sous Philippe VI. Sa décision de donner le duché de Bourgogne en apanage à son fils Philippe, souvent critiquée, avait alors des avantages politiques immédiats. Sa postérité est contrastée : exagérément accablé par les historiens, mais idéalisé par l’imagerie populaire .

Jean II le Bon est un roi courageux mais politiquement maladroit. Il demeure une figure controversée, oscillant entre critique historique sévère et mémoire populaire plus indulgente.

Jean le Bon
de Jean Deviosse (Auteur)

Le personnage de Jean II le Bon, roi de 1350 à 1364, est d'une ambiguïté extrême. Au vrai, sa nature apparaît comme un véritable défi à la logique.

Ainsi le souverain est laid, mais néanmoins séduisant. Jouisseur et insouciant, il se montre en même temps un excellent législateur. Il est naturellement bon, mais il sait aussi se montrer très cruel. Pacifiste, il guerroie. Il fait preuve d'une bravoure généreuse voire prodigue (à la bataille de Poitiers, où le Prince Noir le fait prisonnier, il se livre à une escrime sanglante, la hache d'armes au poing) et cependant il est capable de faire bombarder une ville avec des cadavres décapités sur son ordre. Candide et courtois, il n'en perd pas moins tout contrôle dans des fureurs aveugles. Il dévalue la monnaie plus que de raison en même temps qu'il lutte farouchement contre la vie chère.

Brave, " bien-disant ", il attire l'adoration du peuple, alors qu'il déchaîne le mépris chez la plupart des historiens modernes. Il a pour passion le luxe, la chasse et les tournois, mais, roi " humaniste ", il convie à sa Cour hommes de lettres et savants... Il rattache le Dauphiné et la Bourgogne à la couronne de France pour, plus tard, céder d'un coup un gros morceau du royaume aux Anglais...

Un destin pour le moins paradoxal qui le conduit à mourir en Angleterre, après avoir passé plus de la moitié de son règne en captivité. Et ces Anglais qui le pleurent et qui pendant la cérémonie funèbre font brûler autant de torches qu'ils en avaient allumées, au soir de Crécy, pour rechercher leurs morts...

Éditeur ‏ : ‎ Fayard (13 mars 1985)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 555 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2213015589
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2213015583
Poids de l'article ‏ : ‎ 558 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.5 x 2.9 x 21.5 cm