HUGUES CAPET, roi des Francs (3.7.987 au 24.10.996)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France
HUGUES Ier CAPET (940
env.-996) duc de France (956-987) roi de France (987-996)
Hugues Capet appartient à la famille
des Robertiens, qui domine la Francie depuis un siècle et a déjà donné deux
rois, Eudes et Robert Iᵉʳ. À la veille de son élection,
il est le prince le plus puissant du royaume : duc de France, duc de
Bourgogne, suzerain du duc de Normandie et suzerain théorique du duc
d’Aquitaine. Il dispose d’un vaste réseau de domaines, vassaux et alliances
familiales.
Le retour des Carolingiens
avec Louis d’Outremer (936) n’a été possible que grâce à Hugues le Grand,
père d’Hugues Capet. Depuis, les Robertiens alternent soutien et opposition
au roi carolingien. En 985, Gerbert d’Aurillac écrit : « Le roi de fait, c’est
Hugues » — signe de son autorité de facto
dans le royaume.
Autour de l’archevêque Adalbéron de Reims et de
Gerbert se développe une vision d’empire garant de la paix, inspirée des
Ottons. La position stratégique de l’archevêché de Reims, entre Empire et
royaume, donne à Adalbéron un rôle clé dans l’avènement d’Hugues Capet .
Le dernier Carolingien, Louis
V, accuse Adalbéron de trahison et convoque un plaid, mais meurt
accidentellement avant le jugement (mai 987). Profitant de la situation,
Adalbéron fait élire Hugues Capet à Noyon, puis le fait sacrer à
Soissons ou Reims début juin 987. Cette élection inaugure une dynastie qui
régnera huit siècles.
Charles de Basse-Lorraine,
oncle de Louis V, revendique le trône et s’empare de Laon en 988. Il est
soutenu par Arnoul, fils illégitime de Lothaire, devenu archevêque de
Reims en 989 et qui livre la ville à Charles. La situation ne se débloque qu’en
991 grâce à la trahison de l’évêque Ascelin, qui livre Laon et Charles à
Hugues Capet.
Hugues se méfie d’une papauté jugée trop proche de l’Empire
germanique. Il réunit un concile national à Saint-Basle de Verzy (991)
qui dépose Arnoul et nomme Gerbert archevêque de Reims, provoquant la colère du
pape Jean XV .
Le règne marque une affirmation progressive de l’identité royale, distincte de l’Empire, mais le pouvoir reste limité. Les actes royaux montrent une influence réduite au nord du royaume et une autorité partagée avec de grands seigneurs. L’essentiel est ailleurs : Hugues associe immédiatement son fils Robert le Pieux, assurant la continuité dynastique et posant les bases de l’hérédité capétienne.
Hugues Capet: Naissance d'une dynastiede Yves Sassier (Auteur)
Le succès du " coup d'Etat " qui fait de Hugues Capet un roi n'est pas purement fortuit. Il tient aux bouleversements politiques et sociaux d'un Xe siècle volontiers décrit comme la période la plus sombre du Moyen Age. Il tient aussi à l'exceptionnelle réussite d'un lignage, celui des Robertiens, qui, en moins de deux générations, est parvenu à imposer sa primauté dans l'ordre politique franc. Enfin, il doit sans doute beaucoup à la personnalité d'un homme longtemps méconnu et maltraité par l'historiographie. Prince sur le déclin, Hugues Capet n'eut certes ni la vigueur d'un conquérant ni les moyens matériels de s'imposer comme un grand chef d'Etat. Dans ce royaume franc, déchiré depuis près d'un siècle par les luttes entre grands, théâtre de l'effondrement des structures carolingiennes, il se contenta de mériter sa royauté, de l'assumer avec dignité et mesure en tenant à distance ceux qui la menaçaient, et de la transmettre à sa descendance.
Ce faisant, il en rehaussa l'éthique, la sauva du naufrage et prépara l'avenir.
Éditeur : Fayard (14 janvier 1987)
Langue : Français
Broché : 357 pages
ISBN-10 : 2213019193
ISBN-13 : 978-2213019192
Poids de l'article : 544 g
Dimensions : 13.5 x 1.9 x 21.5 cm
