HENRI IV LE GRAND, roi de Navarre (9.6.1572 au 2.8.1589), roi de France et de Navarre (2.8.1589 au 14.5.1610)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes
Chroniques de France
HENRI IV (1553-1610) roi de France (1589-1610)
et de Navarre (1572-1610)
Henri IV est un roi passionnément discuté de son vivant
et idéalisé après sa mort . Sa personnalité mêle autorité, indulgence,
panache militaire, scepticisme, et une forte inclination pour les
femmes, qui influencent parfois sa politique . Il devient un symbole du
monarque idéal pour la France des Lumières et de la Restauration .
Né en 1553, marqué par sa mère Jeanne d’Albret, il est très
tôt engagé dans les guerres de Religion. Son mariage avec Marguerite de Valois
le sauve de la Saint-Barthélemy mais l’oblige à une première abjuration et à
une captivité de quatre ans. À la mort du duc d’Alençon (1584), il devient héritier
du trône, déclenchant une nouvelle phase de guerre civile dominée par la
Ligue catholique.
Désigné héritier par Henri III mourant (1589). Il doit
rallier catholiques et « malcontents » et affronter la Ligue soutenue par
l’Espagne. Après plusieurs échecs devant Paris, il choisit la voie politique : Abjuration
(25 juillet 1593) ; Sacre à Chartres (1594) ; Entrée dans
Paris (22 mars 1594) Cette conversion est célèbre pour la formule « Paris
vaut bien une messe ».
Tentatives d’assassinat (Jean Châtel, 1594) et agitation
catholique persistante. Victoires militaires (Fontaine-Française, 1595) et paix
de Vervins (1598) avec l’Espagne. Soumission du duc de Mercœur et édit
de Nantes (1598), acte majeur de tolérance religieuse .
Le pouvoir repose sur une coalition de riches protestants, catholiques royalistes, anciens
ligueurs, parlementaires et grands nobles . Figures clés : Sully, pilier
des finances et de l’artillerie, Villeroy (Affaires étrangères), Bellièvre,
chancelier puis écarté en 1605. La cour mêle anciens chefs de guerre, nobles
italiens, favorites influentes et réformateurs religieux (dont François de
Sales) .
Réformes administratives. Renforcement de l’autorité
royale : réduction des pouvoirs des gouverneurs, exécution de Biron (1602),
envoi systématique de commissaires départis (préfiguration des
intendants). Paulette (1604) : patrimonialisation des offices, mesure
décisive mais lourde de conséquences pour l’avenir de la monarchie .
Réformes économiques. Mercantilisme actif :
manufactures (Gobelins, verrerie de Melun, soieries…), assèchements,
encouragements agricoles (mûriers, sériciculture). Rétablissement des finances
: réduction progressive de la taille, reconstitution du domaine royal.
Un monde rural sacrifié. La
monarchie doit composer avec les élites, ce qui conduit à un abandon relatif
de la paysannerie : forte pression fiscale, révoltes (Croquants)pauvreté
structurelle. Les mesures favorables aux paysans restent ponctuelles et peu
efficaces Page actuelle.
Urbanisme et modernisation. Henri IV lance de grands
travaux à Paris : place Royale (future place des Vosges), place Dauphine, pont
Neuf, pont Marchand, lotissements des bords de Seine. Début d’une « vague de
pierre » : essor des châteaux privés, signe de l’enrichissement des élites Page
actuelle.
Contexte de l’assassinat : tensions religieuses
persistantes, reprise probable de la guerre européenne, méfiance envers
l’alliance protestante. Henri IV est assassiné par Ravaillac le 14 mai
1610. Sa postérité retient une image idéalisée, nourrie par le martyre, qui ne
correspond pas à la perception de la veille de sa mort.
Son œuvre durable : édit de Nantes et capacité à infléchir les événements par une politique pragmatique.
Éditeur : Perrin (19 août 2021)
Langue : Français
Proché : 700 pages
ISBN-10 : 2262050295
ISBN-13 : 978-2262050290
Poids de l'article : 990 g
Dimensions : 15.5 x 3.2 x 24.2 cm
