FRANCOIS 1er, roi de France (1er.1.1515 au 31.3.1547)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France
FRANÇOIS Ier(1494-1547)roi de France
(1515-1547)
François Ier devient roi en 1515,
succédant à Louis XII, dont il a épousé la fille Claude de France. Son
règne de 32 ans marque profondément le XVIᵉ
siècle français, tant sur le plan intérieur qu’extérieur. Les portraits le
montrent comme un cavalier rieur, élégant, athlétique, séduisant, mais
aussi fantasque et d’une intelligence parfois superficielle. Il incarne
un mélange de chevalier médiéval (adoubé par Bayard à Marignan) et de prince
de la Renaissance, amateur d’art et mécène.
Le règne s’ouvre sur les guerres
d’Italie, jugées ensuite vaines par l’historiographie classique. La France
dispose alors d’une puissance démographique et économique solide : Victoire
de Marignan (1515) grâce à la supériorité de l’artillerie française.
Mais François Ier ne
mesure pas l’impact de l’afflux de métaux précieux américains, qui
renforce considérablement la puissance financière de Charles Quint. En 1519,
grâce au crédit des Fugger et aux trésors du Nouveau Monde, Charles Quint
devient empereur, au détriment de François Ier.
La défaite de Pavie (1525),
est due notamment à l’impétuosité du roi-chevalier : captivité du roi,
déclaration « Tout est perdu, fors l’honneur », puis traité de Madrid
(1526), immédiatement violé à son retour en France.
Après la paix des Dames
et le traité de Cambrai (1529), un équilibre des forces se dessine. François
Ier cherche ensuite des alliés : Soliman le Magnifique, Henri VIII,
princes protestants allemands.
Le traité de Crépy (1544) établit un premier
équilibre européen, fragile mais réel.
Le règne voit se développer un style financier français
mêlant emprunts, vénalité des offices, manipulations monétaires — un modèle qui
perdure jusqu’en 1789.
Le règne marque une progression
incontestable de l’absolutisme : emblème solaire des Valois, généralisation
de l’expression « Sa Majesté », formule « Car tel est notre bon plaisir
» forgée par le roi .
Concordat de Bologne (1516)
: le roi contrôle désormais l’épiscopat français. Début de règne marqué par une
certaine tolérance envers les protestants, sous l’influence de
Marguerite de Navarre.
Après l’affaire des Placards (1534), répression
sévère mais non systématique.
Le règne se termine sans
solution décisive : Espagne toujours menaçante, question protestante non
résolue, finances fragiles. La puissance habsbourgeoise repose largement sur
les richesses américaines, ce qui explique l’échec français à dominer l’Europe
occidentale malgré ses atouts.
Didier Le Fur, l'un des plus brillants historiens de sa génération, a donc repris le dossier, sans parti pris et grâce à l'ensemble de la documentation. Ce travail colossal en archives permet d'offrir la première véritable biographie de François Ier depuis 30 ans.
Si les grands moments du règne sont connus (le couronnement, les batailles de Marignan et de Pavie, la captivité des enfants du roi, l'élection impériale, le camp du drap d'or, la régence de Louise de Savoie...), leur sens est enfin révélé et la conclusion de l'auteur sans appel : François Ier est avant tout un roi de guerre, aveuglé par son rêve italien et sa rivalité avec Charles Quint. Toute sa politique est orientée en ce sens. Un seul exemple parmi tant d'autres : on attribue à François Ier des réformes intérieures nombreuses. Il n'en est rien. L'activité législative du roi privilégie des lois justifiant l'impôt finançant ce gouffre sans fond qu'est la guerre.
C'est donc à l'homme régnant, non à sa légende, que s'est attaché l'auteur. Il est ressort un roi certes moins héroïque que nous le pensions, mais plus humain, et par là plus attachant.
Éditeur : Tempus Perrin (30 août 2018)
Langue : Français
Poche : 1088 pages
ISBN-10 : 2262076472
ISBN-13 : 978-2262076474
Poids de l'article : 880 g
