Dynastie Capétienne - Maison Bourbon
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes
Chroniques de France
La maison de Bourbon, issue de
Robert de Clermont, fils de Saint Louis, ne devint une dynastie royale qu’à la
fin du XVIᵉ siècle, lorsque l’extinction des Valois permit à Henri de Navarre
d’accéder au trône en 1589. Avant cette date, les Bourbons formaient un
ensemble de branches féodales puissantes — Bourbon, Montpensier, Vendôme —
consolidées par des mariages avantageux et des héritages successifs.
L’unification décisive se produit avec l’ascension de la maison de Navarre,
grâce au mariage d’Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret, qui réunit de vastes
domaines du Béarn au Vendômois .
L’avènement d’Henri IV pose la
question de la légitimité : la loi salique impose la succession masculine, mais
le nouveau roi est protestant, ce qui heurte une société structurée autour d’un
« corps mystique » où le souverain doit être catholique. Sa conversion en 1593,
son sacre à Chartres et son absolution pontificale permettent la pacification
du royaume et la reconnaissance de son autorité.
Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles,
les Bourbons incarnent l’apogée de la monarchie absolue. Les juristes
définissent une souveraineté indivisible, fondée sur l’origine divine du
pouvoir royal, culminant sous Louis XIV, « vice-Dieu sur la terre » selon
Godeau. Cette centralisation provoque cependant de fortes résistances : princes
du sang, grands seigneurs et parlements contestent l’emprise croissante du
Conseil du roi et des ministres cardinaux, Richelieu puis Mazarin. Les révoltes
princières — Condé, Conti, Soissons, Longueville — culminent dans la Fronde, où
intrigues, clientèles et alliances étrangères se mêlent aux ambitions
personnelles. Après 1661, Louis XIV met fin à ces contestations : les princes
frondeurs rentrent en grâce ou disparaissent, et les légitimés du roi
deviennent des serviteurs fidèles de la monarchie.
Au XVIIIᵉ siècle, la famille
royale se divise entre « famille royale » et « princes du sang », tandis que
les querelles de préséance reflètent une société encore structurée par la
dignité et le rang. La Régence de Philippe d’Orléans (1715) marque le retour de
l’influence parlementaire et la résurgence des oppositions princières,
notamment lors du complot de Cellamare et des résistances aux réformes de
Maupeou. Plusieurs branches s’éteignent au XVIIIᵉ siècle, ne laissant que les
Orléans, dont Philippe Égalité jouera un rôle majeur à la veille de la
Révolution .
La Révolution française abolit
la société d’ordres et renverse la monarchie : suspension de Louis XVI en 1792,
exécution en 1793, disparition du dauphin, puis fin de la branche aînée après
la brève Restauration (1814-1830) et la monarchie de Juillet (1830-1848) qui
porte les Orléans au pouvoir .
Hors de France, les Bourbons
s’imposent en Espagne avec Philippe V en 1700, malgré la guerre de Succession
et les traités d’Utrecht et de Rastatt . Les branches de Parme et des
Deux-Siciles s’établissent au XVIIIᵉ siècle, avant d’être balayées par l’unification
italienne au XIXᵉ siècle. En Espagne, malgré les crises — abdication de Charles
IV, guerres carlistes, révolution de 1868 — la dynastie revient au pouvoir avec
Alphonse XII puis Alphonse XIII, avant d’être restaurée en 1975 avec Juan
Carlos Iᵉʳ.
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