Dynastie Capétienne (987-1328)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France
La
dynastie capétienne, fondée en 987 avec l’élection d’Hugues Capet, constitue la
plus longue lignée royale d’Europe, régnant jusqu’en 1792. Héritiers des
Robertiens, les premiers Capétiens s’imposent dans un contexte féodal
fragmenté, où le roi n’est encore que « roi des Francs » et doit composer avec
des seigneurs souvent aussi puissants que lui. Leur premier défi est d’assurer
la continuité dynastique : grâce à une politique systématique de couronnement
anticipé de l’héritier, ils stabilisent la succession et affermissent
progressivement l’autorité royale.
Leur
pouvoir repose d’abord sur le domaine royal, limité mais fertile, centré
sur l’axe Paris–Orléans, où ils exercent une autorité directe et développent
une administration domaniale avec les prévôts. Par des acquisitions, des
défrichements et la création de marchés, ils renforcent leur base économique et
favorisent l’essor urbain, notamment à Paris, où Louis VI fonde le marché des
Champeaux, futur cœur des Halles.
Face aux
grands féodaux, les premiers Capétiens, en particulier Louis VI, mènent une
politique énergique de réduction des seigneurs turbulents, détruisant leurs
forteresses et rétablissant la paix publique. Ils soutiennent aussi le
mouvement communal, encourageant l’autonomie des villes et des bourgs, ce qui
contribue à l’essor économique et à l’affirmation de l’autorité royale.
Le
prestige capétien s’appuie également sur une dimension sacrée. Le sacre
à Reims, l’onction du chrême et la légende de la Sainte Ampoule confèrent au
roi une aura quasi ecclésiastique. Dès Robert le Pieux, les rois sont réputés
guérir les écrouelles par simple toucher, renforçant leur statut de souverains
thaumaturges. L’Église, par ses chroniqueurs et ses conseillers, contribue à
façonner une mystique monarchique, notamment grâce à l’abbaye de Saint-Denis et
à Suger, figure majeure du XIIᵉ siècle.
À partir
de Philippe II Auguste (1180-1223), les Capétiens entrent dans une phase
d’expansion décisive. Ils récupèrent les territoires passés sous domination
anglaise, notamment la Normandie, l’Anjou et la Touraine, après la condamnation
de Jean sans Terre pour félonie. La victoire de Bouvines en 1214 consacre la
suprématie capétienne en Europe occidentale. Dans le Midi, la croisade contre
les Albigeois permet l’intégration progressive du Languedoc, confirmée par le
traité de Paris de 1229 et l’héritage d’Alphonse de Poitiers en 1270.
L’essor
économique du XIIIᵉ siècle renforce encore la monarchie : croissance
démographique, développement du commerce, frappe de l’or (écu de Saint Louis),
exportations de vin et de sel, dynamisme des villes et prestige culturel de
Paris, capitale universitaire et artistique de la chrétienté. Louis IX,
canonisé en 1297, incarne le modèle du roi chrétien et renforce l’autorité
morale de la dynastie.
Sur le
plan institutionnel, les Capétiens construisent progressivement un État
centralisé. Philippe Auguste met en place les baillis, représentants du roi
dans les provinces, tandis que Saint Louis institue les enquêteurs royaux
chargés de contrôler l’administration. Le Parlement, issu de la Cour du roi,
devient une juridiction autonome à la fin du XIIIᵉ siècle. La monarchie affirme
aussi son autorité doctrinale : le roi devient « empereur en son royaume »,
supérieur aux lois, selon les légistes formés dans les universités de droit.
Cependant,
dès la fin du XIIIᵉ siècle, des difficultés apparaissent : ralentissement
économique, tensions sociales dans les villes, crise monétaire liée aux
mutations de la monnaie, révoltes urbaines et seigneuriales. La mort de
Philippe le Bel en 1314 ouvre une période de crise politique, marquée par la
résistance des trois ordres à l’impôt permanent, les tentatives avortées de
monarchie contrôlée (Étienne Marcel, 1356-1358), et les révoltes populaires
comme celle des Maillotins en 1382.
La guerre
de Cent Ans exacerbe ces tensions. Les défaites initiales, la captivité de
Jean le Bon et le traité de Brétigny (1360) affaiblissent la monarchie, mais la
résistance du dauphin Charles, l’action de Jeanne d’Arc et le sacre de Reims en
1429 permettent le redressement capétien. Charles VII réorganise l’armée
(compagnies d’ordonnance, francs-archers) et les finances (taille, aides,
gabelle), posant les bases d’un État moderne.
Au XVe
siècle, la dynastie retrouve sa puissance : reconquête des territoires anglais,
annexions (Dauphiné, Bourgogne, Provence), union avec la Bretagne par le
mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne en 1491. La monarchie renforce
son autorité, tout en laissant subsister des particularismes provinciaux et des
parlements locaux.
À la fin
du Moyen Âge, les Capétiens ont construit un État territorial, centralisé et
sacralisé, sans jamais associer véritablement une représentation nationale au
pouvoir. Leur réussite tient à une combinaison de continuité dynastique,
d’habileté politique, de soutien ecclésiastique, d’opportunités militaires et
du développement d’un sentiment national, particulièrement fort dans la lutte
contre l’Angleterre.
Les Capétiens: 987-1328
D'Hugues Capet (987) à Philippe VI de Valois (1328), quinze souverains ont façonné la nation France. Ils lui ont donné un Etat, des serviteurs, des frontières ; ils ont légiféré, fait édifier des villes, des châteaux - forts et des cathédrales. Sous leurs règnes, le pays n'a pas échappé aux guerres ni aux épidémies, ni même aux hérésies ; mais, de ce tissu bigarré de fiefs, de provinces, de langues et de coutumes, émerge la première puissance d'Europe en 1300.
Cet ouvrage de référence, accessible à tout public, est également un outil de travail précieux grâce à des annexes nombreuses (chronologie, cartes, filmographie, discographie et bibliographie).
Langue : Français
Poche : 832 pages
ISBN-10 : 2262028109
ISBN-13 : 978-2262028107
Poids de l'article : 410 g
Dimensions : 10.9 x 3.6 x 17.9 cm
Les Capétiens
L’histoire du lignage capétien, le plus long de tous les régimes politiques, est celle d’un « miracle » : à chaque règne, un roi succède à son père, quand tant d’autres familles royales disparaissent après quelques générations. La captation du trône des Francs par Hugues Capet et ses descendants sur treize générations a permis à la dynastie de se fortifier et, pour finir, d’incarner la France.
Les historiens distinguent trois périodes de la monarchie capétienne qui correspondent à peu près aux trois siècles de leurs règnes. Le XIe siècle peut être qualifié de balbutiement. Les ambitions des rois se consacrent à la pacification d’un domaine féodal centré autour de Paris. Les premières décennies du XIIe siècle marquent un tournant dans l’histoire de la monarchie capétienne. Une politique habile permet aux rois de s’appuyer sur l’Église et de pacifier leur domaine qui commence à s’agrandir. Le XIIIe siècle est marqué par la personnalité de trois grands rois, Philippe Auguste, Louis IX et Philippe le Bel. Outre les conquêtes qui dessinent une France qui ne changera guère avant le règne de Louis XI, la monarchie s’organise.Mais la mort de Charles IV en 1328, décédé sans héritier mâle, met fin au bel équilibre construit génération après génération.
Suivant une perspective fondée sur la chronologie, cet ouvrage se propose de présenter une synthèse actualisée sur le sujet ainsi que les dernières avancées de la recherche historique.
Éditeur : Ellipses; Illustrated édition (27 septembre 2022)
Langue : Français
Broché : 319 pages
ISBN-10 : 2340071178
ISBN-13 : 978-2340071179
Poids de l'article : 540 g
Dimensions : 16 x 2.4 x 24 cm
Les Capétiens : Histoire et dictionnaire (987-1328)
Construction politique, favorisée par la continuité dynastique, la longueur des règnes et l'intelligence des quinze souverains qui se succèdent à la tête du royaume.
Construction économique aussi : ces siècles voient un essor décisif de la population et de l'activité. Le paysage rural, tel que nous le connaissons aujourd'hui, se façonne alors pour l'essentiel. Le monde urbain se développe : les bourgades deviennent des villes, les cathédrales et quelques grands châteaux témoignent encore de la qualité des techniques et de la hardiesse des conceptions de ce temps.
Construction intellectuelle et spirituelle enfin : c'est le temps des grands ordres monastiques, des premières universités et des hérésies. La culture, les moeurs, le confort connaissent un véritable bouleversement.
Les exploits de Louis VI le Gros, les conquêtes de Philippe Auguste, les croisades de saint Louis et les affaires troubles du règne de Philippe le Bel ponctuent cet ouvrage captivant qui s'ouvre aussi sur les mondes extérieurs. Le lecteur pourra ainsi situer la France capétienne au sein de l'Europe et des empires byzantin, musulman, mongol ou des royaumes slaves.
Loin de se juxtaposer au récit et à l'analyse historique, le Dictionnaire les complète et les précise en un dialogue permanent.
Grâce à de nombreux outils (cartes, chronologie, arbres généalogiques, index), Les Capétiens, Histoire et Dictionnaire offrent une vue synoptique de trois cent cinquante années de l'histoire de France.
Guy Schoeller.
Éditeur : Robert Laffont (21 septembre 1999)
Langue : Français
Poche : 1219 pages
ISBN-10 : 2221056876
ISBN-13 : 978-2221056875
Poids de l'article : 693 g
Dimensions : 13.3 x 3.6 x 20 cm
