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CHARLES V LE SAGE, roi de France (8.4.1364 au 16.9.1380)


Le mot de Laurent Sailly pour le blog  Grandes Chroniques de France

CHARLES V LE SAGE (1337-1380)roi de France (1364-1380)

Fils aîné de Jean II le Bon, Charles est le premier à porter le titre de dauphin de Viennois. Pendant la captivité de son père après Poitiers, il gouverne comme lieutenant puis régent du royaume. Il affronte alors : les États généraux (1356-1357), la révolte parisienne d’Étienne Marcel, l’hostilité de Charles le Mauvais, la jacquerie paysanne.

Après l’échec des mouvements contestataires, il reprend le contrôle et mène les négociations du traité de Brétigny-Calais (1360), désastreux mais offrant un répit stratégique. Devenu roi en 1364, il utilise cette pause pour réorganiser le royaume et préparer la reprise de la guerre.

Charles V est un homme de cabinet, diplomate, entouré de clercs, légistes et universitaires (Oresme, Philippe de Mézières). Il se méfie des grands féodaux et privilégie les bourgeois et hommes de robe. Grand promoteur des arts et des lettres, il fait de Paris une capitale intellectuelle : transformation du Louvre, création de la bibliothèque royale, construction de l’hôtel Saint-Paul.

Charles V renforce la sécurité de Paris en construisant une nouvelle enceinte et la Bastille. Il assainit les finances en créant le franc d’or (1364), stabilisant durablement la monnaie. Il met en place l’administration des aides, rendant l’impôt quasi permanent. Il réorganise l’armée, développe artillerie et marine, et restaure fortifications et villes.

Il reprend les hostilités contre l’Angleterre en s’appuyant sur des capitaines comme Bertrand du Guesclin et Jean de Vienne. Il neutralise Charles le Mauvais (Cocherel, 1364) et règle la succession de Bretagne (Guérande, 1365). Il profite du mécontentement gascon pour confisquer la Guyenne (1369) et mener une reconquête rapide (1369‑1372). À sa mort (1380), les Anglais ne conservent plus que Bordeaux et la Gascogne.

Le royaume est ravagé par les compagnies de mercenaires, que Charles tente sans succès durable de détourner ou d’éliminer. La lutte contre ces bandes absorbe une grande partie des ressources du royaume.

Roi sage, lettré et réaliste, il restaure le prestige de la couronne. Mais il néglige les effets sociaux de la récession et, sur son lit de mort, abolit les impôts extraordinaires, privant son successeur de ressources essentielles. En reconnaissant Clément VII, il contribue à prolonger le Grand Schisme d’Occident. Plusieurs difficultés du règne de Charles VI sont déjà en germe sous son gouvernement.

Charles V, le Sage
de Françoise Autrand (Auteur)

La guerre de Cent Ans, la Peste noire et les grandes compagnies, les révoltes et les défaites. Malgré tant de malheurs, l'espoir n'a pas manqué aux contemporains qui ont vu dans leur temps le beau XIVe siècle et encore moins à Charles V: dès le jour de son avènement, il affirmait sa volonté de bouter les ennemis hors du royaume ".Un roi sage, un règne réparateur. Arrivé au pouvoir à dix-huit ans, en pleine crise, ayant fait face à Etienne Marcel et aux états généraux, à la contestation dynastique et à la levée de boucliers contre l'Etat moderne, Charles V, devenu roi, sans quitter sa chambre ni son étude, dirigea la reconquête du royaume. La sagesse de l'homme fut la patience. La sagesse du roi, ce fut de porter le débat politique sur le terrain intellectuel, de penser l'Etat, de l'expliquer en clair et en français. La science politique moderne est sortie de là. Ce fut d'abandonner les méthodes brutales du gouvernement et de leur préférer la loi et la justice. Ce fut encore d'engager la royauté dans le chemin qui conduit à l'Etat de droit.

Éditeur ‏ : ‎ Fayard (7 septembre 1994)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 909 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2213027692
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2213027692
Poids de l'article ‏ : ‎ 1,1 Kilograms
Dimensions ‏ : ‎ 13.5 x 4.6 x 21.5 cm