Charles-François LEBRUN, consul (13.12.1799 au 18.5.1804)
Napoléon voyait en Charles‑François Lebrun (1739‑1824) un
homme sage, modéré, capable, mais d’une nuance opposée à
Cambacérès : Lebrun est décrit comme froid, sévère, insensible, porté
vers l’idéologie et hostile aux distinctions et honneurs traditionnels.
Il débute sa carrière auprès
du chancelier Maupeou sous Louis XV. Élu aux États généraux, il
défend le bicaméralisme à l’anglaise. Arrêté en 1793, il est
libéré après la chute de Robespierre en juillet 1794. Lebrun représente la droite
au Conseil des Anciens avant de se rallier à Bonaparte lors du coup d’État
de Brumaire.
Troisième consul dans
la Constitution de l’an VIII, il est chargé de rassurer les partisans de
l’Ancien Régime, pendant que Cambacérès rassure les régicides. Il s’occupe principalement
des finances .
Nommé architrésorier à
l’avènement de l’Empire, Napoléon se méfie progressivement de lui, lui
reprochant son idéologie héritée de la Constituante. Malgré son
effacement, il est fait duc de Plaisance en 1808.
Envoyé en Hollande en 1810
comme administrateur après l’abdication de Louis Bonaparte (une mission perçue
comme un exil), Napoléon doit envoyer Réal pour rétablir l’ordre face à l’échec
de son gouvernement. Mais il ne parvient pas à empêcher l’invasion de la
Hollande en 1813.
Écarté de la Chambre des pairs sous la Restauration,
il n’y revient qu’en 1819, sans y jouer de rôle notable.
