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Alexandre MILLERAND, président de la République française (23.9.1920 au 11.6.1924)

Le mot de Laurent Sailly pour Grandes Chroniques de France

Avocat parisien, Alexandre Millerand (1859-1943) collabore au journal La Justice de Clemenceau et devient député de la Seine en 1885.

Il refuse d’adhérer aux partis socialistes existants et anime le courant des socialistes indépendants. Son discours de Saint‑Mandé (1896) devient la charte du socialisme réformiste : substitution progressive de la propriété sociale à la propriété capitaliste, conquête des pouvoirs publics par le suffrage universel, refus de sacrifier la patrie à l’internationalisme.

Il rejoint le ministère Waldeck‑Rousseau (1899‑1901), devenant ministre du Commerce, de l’Industrie et du Travail. Réalisations majeures : création d’une Direction du travail, réduction de la journée de travail de 12 à 10 heures, restrictions à l’emploi des immigrés pour protéger le « travail national ».

Ministre des Travaux publics (1909‑1910), puis ministre de la Guerre (1912‑1913). En 1914‑1915, il défend l’état‑major contre les tentatives de contrôle parlementaire. Commissaire général en Alsace‑Lorraine en 1919, il devient l’un des chefs du Bloc national.

Président du Conseil (1920). Il mène une répression du vaste mouvement de grèves de 1920 et est l’initiateur de l’occupation de Francfort et partisan de la ligne « l’Allemagne doit payer » ; soutien à l’intervention en Pologne contre la Russie soviétique.

Président de la République (1920‑1924). Il cherche à rehausser le prestige présidentiel et intervient activement dans la vie politique : renvoi de Briand en 1922, soutien à Poincaré lors de l’occupation de la Ruhr (1923).

Il envisage une révision constitutionnelle pour renforcer les pouvoirs du président, ce qui provoque l’hostilité du Cartel des gauches, victorieux en 1924. Il est contraint de démissionner.

Sénateur de 1925 à 1940, il joue ensuite un rôle politique effacé.

Alexandre Millerand - Un combattant à l'Elysée


Député à vingt-cinq ans, premier socialiste à recevoir un portefeuille ministériel, ministre de la Guerre en 1914, représentant du Gouvernement dans l'Alsace redevenue française, président du Conseil puis président de la République en 1920, Alexandre Millerand a mené sa carrière politique à la vitesse " d'un boulet de canon ", selon l'expression de son camarade Viviani.
Pourtant, malgré une œuvre incontestable de pionnier, il est aujourd'hui le grand oublié du roman national, à la différence de ses amis, Clemenceau, Poincaré, Briand ou Jaurès. L'engagement de celui qui s'illustra comme un des premiers adversaires de Boulanger et un défenseur de Dreyfus a été mal compris. Dépassé à gauche alors qu'il défend l'idéal républicain et un socialisme du gouvernement, il l'est aussi à droite, son patriotisme ayant été largement utilisé et manipulé par l'extrême droite. Son idéal de gouvernement au centre est rejeté par les partis politiques, qui le chassent brutalement du pouvoir en 1924, le précipitant dans une retraite volontaire de vingt années.
Grâce à l'exploitation d'archives inédites, Jean-Philippe Dumas retrace le parcours de cet homme politique tout entier d'exigence et de refus du compromis. À travers le regard toujours vif de celui-ci, il relit l'histoire de la Troisième République, mais surtout fait revivre une pensée essentielle sur la France, la République et la nation.
À l'heure où les thèmes mis en avant par Millerand, la laïcité, le patriotisme, la modernisation des institutions, mais aussi le paritarisme, sont au cœur des débats qui passionnent la société française, il est plus que jamais nécessaire de faire appel à l'expérience d'un homme qui a conduit le pays aux moments les plus dramatiques de son histoire.

Éditeur ‏ : ‎ Cnrs (28 avril 2022)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 379 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2271116007
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2271116000
Poids de l'article ‏ : ‎ 576 g
Dimensions ‏ : ‎ 15.2 x 3.1 x 23.3 cm