Adolphe THIERS, chef du pouvoir exécutif (17.2 au 31.8.1871) puis président de la République française (31.8.1871 au 24.5.1873)
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France
THIERS ADOLPHE (1797-1877)
Adolphe Thiers apparaît comme une figure politique majeure
mais controversée du XIXᵉ
siècle : bourgeois conservateur, acteur décisif de la Révolution de
1830, ministre influent sous la monarchie de Juillet, opposant au
Second Empire, puis surtout fondateur et premier chef de la IIIᵉ République, dont il incarne
la version modérée. Sa carrière est marquée par une grande longévité, une
ambition constante et une capacité rare à revenir au premier plan.
Thiers est souvent vu comme
l’incarnation des intérêts bourgeois, hostile aux innovations et aux
mouvements populaires. Ses adversaires le décrivent comme un conservateur
dominateur. Mais Thiers a fait preuve de clairvoyance diplomatique,
notamment face au Second Empire et à la montée de la Prusse.
Né à Marseille, études
brillantes, puis montée à Paris en 1821. Il débute dans le journalisme
libéral, succès de son Histoire de la Révolution (1823). Il devient
rapidement une figure des salons libéraux et un acteur clé du journal Le
National. Il joue un rôle décisif dans la Révolution de Juillet 1830,
rédige la protestation des journalistes et convainc le duc d’Orléans d’accepter
la couronne.
Sa carrière fulgurante est
fulgurante sous la monarchie de Juillet : plusieurs fois ministre,
notamment de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Répression des émeutes
républicaines, lois de septembre 1835, arrestation de la duchesse de Berry : il
gagne la haine des républicains. Deux présidences du Conseil (1836 et 1840),
marquées par une politique étrangère ambitieuse mais parfois imprudente (crise
égyptienne). Sa rupture progressive avec Louis‑Philippe entraînera son retour dans
l’opposition .
En 1848, Thiers reste actif :
il soutient Louis‑Napoléon, défend la propriété et l’ordre social. Exilé
après le coup d’État de 1851, revient en 1852. Se consacre à son œuvre
historique (Histoire du Consulat et de l’Empire), qui renforce son
prestige. Revient en politique en 1863, devient un opposant influent, critique
l’unité allemande et réclame les « libertés nécessaires ». Tente d’empêcher la
guerre de 1870, avec une lucidité reconnue.
Elu dans 26 départements, Thiers
devient chef du pouvoir exécutif en février 1871. Il négocie la paix avec
l’Allemagne, obtient le maintien de Belfort. Il affronte la Commune de Paris,
qu’il réprime avec une extrême sévérité, en accord avec l’Assemblée
conservatrice. Il œuvre à la libération du territoire grâce à deux grands
emprunts et une politique financière prudente. A l’étranger, il est vu comme
celui qui a rétabli la puissance française .
Thiers évolue vers une
adhésion plus franche à la République, qu’il juge « le gouvernement qui divise
le moins ». Entré en conflit avec l’Assemblée monarchiste, il démissionne en
1873.
Il reste une figure morale du camp républicain jusqu’à sa mort en 1877 à Saint‑Germain‑en‑Laye. Sa famille refuse les obsèques nationales, mais une foule immense lui rend hommage, signe de son rôle dans l’enracinement de la République.
Adolphe Thiersde Pierre Guiral (Auteur)
Éditeur : Fayard (20 novembre 1986)
Langue : Français
Broché : 623 pages
ISBN-10 : 2213018251
ISBN-13 : 978-2213018256
Poids de l'article : 600 g
Dimensions : 13.5 x 3.2 x 21.5 cm
